Réunis à Harare (République du Zimbabwe), les 2 et 3 juillet 2026, à l’occasion de la réunion conjointe des ministres des Finances et de la Santé de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), les ministres ont souligné la nécessité d’assurer un financement durable des systèmes de santé dans un contexte marqué par la diminution du soutien des partenaires au développement, l’aggravation des contraintes budgétaires et l’intensification des menaces sanitaires, notamment les flambées de maladie à virus Ebola.
Dans son allocution, Son Excellence le Dr Douglas Mombeshora, ministre de la Santé et de la Protection de l’enfance de la République du Zimbabwe, qui coprésidait la réunion aux côtés de Son Excellence le Dr Aaron Pakishe Motsoaledi, ministre de la Santé de la République d’Afrique du Sud, a établi un lien étroit entre le financement de la santé et la sécurité régionale, tout en appelant à une réponse coordonnée à l’échelle régionale.
Son Excellence le Dr Mombeshora a mis en garde contre le coût de l’inaction en déclarant : « Nous avons appris cette leçon au prix fort, à travers la pandémie de COVID-19 et chacune des flambées d’Ebola auxquelles le continent a été confronté. Et la leçon est toujours la même : la préparation coûte invariablement moins cher que la riposte. » Il a plaidé en faveur d’un financement durable et prévisible de la préparation aux pandémies, considérée comme un bien public régional.
Pour sa part, Son Excellence le Professeur Mthuli Ncube, ministre des Finances, du Développement économique et de la Promotion des investissements de la République du Zimbabwe, a souligné que la santé et la prospérité économique étaient indissociables.
« Nous ne pouvons bâtir des économies solides sans des populations en bonne santé, et nous ne pouvons maintenir des systèmes de santé de qualité sans des finances publiques saines », a-t-il déclaré, tout en attirant l’attention sur la nouvelle réalité à laquelle est confrontée la région de la SADC, caractérisée par la diminution de l’aide extérieure.
Le Secrétaire exécutif de la SADC, Son Excellence M. Elias Magosi, a, quant à lui, insisté sur la nécessité de renforcer la résilience des systèmes de santé afin qu’ils soient davantage en mesure de prévenir, de détecter et de répondre efficacement aux futures urgences de santé publique.
Il a, à cet effet, exhorté les ministres à maintenir leur engagement politique, à renforcer la mobilisation coordonnée des ressources, à développer des partenariats stratégiques et à promouvoir la solidarité régionale afin de préserver la santé et le bien-être des citoyens de la SADC.
Les ministres ont reconnu que l’absence de mesures visant à renforcer le financement durable de la santé risquait de compromettre les progrès considérables accomplis au fil des années en matière de résultats sanitaires et de développement du capital humain, tout en affectant de manière disproportionnée les populations les plus vulnérables, en particulier les jeunes femmes et les jeunes hommes. À cet effet, ils ont adopté une Déclaration finale sur le financement de la santé, définissant les actions prioritaires suivantes pour la SADC :
Renforcer la mobilisation des ressources nationales en faveur de la santé, en accélérant les réformes fiscales, en favorisant les partenariats public-privé et en mettant en œuvre des mécanismes de financement innovants, notamment les échanges « dette contre santé », conformément au thème de l’Union africaine pour 2025 consacré à la justice réparatrice.
Accélérer la mise en œuvre des services d’achats groupés de la SADC, au moyen de réformes juridiques, politiques et institutionnelles ainsi que de l’harmonisation des cadres réglementaires. Cette initiative comprend notamment les achats stratégiques, la mise à profit des marchés régionaux et les évaluations des technologies de la santé, afin de négocier des remises fondées sur les volumes, de réduire les coûts unitaires et d’alléger les dépenses de santé catastrophiques supportées directement par les ménages.
Promouvoir la fabrication locale de produits de santé, en créant un environnement favorable aux investissements dans les vaccins, les médicaments, les produits de diagnostic et autres technologies de la santé.
Renforcer la protection financière des populations, en accordant la priorité aux soins de santé préventifs et aux soins de santé primaires, et en accélérant la mise en place de régimes nationaux d’assurance maladie ainsi que d’autres mécanismes de financement durables visant à réduire les dépenses de santé directement supportées par les ménages.
Renforcer la redevabilité et la viabilité des systèmes de santé, grâce à l’amélioration de la gestion des finances publiques, à la mise en œuvre de mesures visant à accroître l’efficience, au recours aux achats groupés et aux systèmes d’achats électroniques, ainsi qu’à la protection des services de santé de première ligne par l’intégration progressive dans les effectifs nationaux des personnels de santé essentiels financés par les partenaires, y compris les agents de santé communautaires, au moyen des cadres de dépenses à moyen terme.
Renforcer la préparation aux urgences sanitaires, grâce à l’élaboration de plans de contingence et à la réalisation d’autoévaluations de l’état de préparation, tout en saluant l’appui constant apporté aux États membres de la SADC par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC).
La Secrétaire exécutive adjointe de la SADC chargée de l’Intégration régionale a souligné la nécessité de rendre opérationnels les services d’achats groupés de la SADC (SPPS), faisant observer que ces derniers constituent une avancée majeure dans le domaine des achats régionaux et de la gestion des chaînes d’approvisionnement en médicaments essentiels et en produits de santé dans la région de la SADC.
En signe de solidarité continentale et mondiale face aux enjeux sanitaires, la réunion a également été marquée par les interventions de Son Excellence le Dr Mohamed Yakub Janabi, Directeur régional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique, de Son Excellence l’Ambassadrice Amma Twum-Amoah, Commissaire de l’Union africaine chargée de la Santé, des Affaires humanitaires et du Développement social, du Dr Donald Kaberuka, Envoyé spécial de l’Union africaine pour le financement de la santé, ainsi que de Mme Nardos Bekele-Thomas, Directrice générale de l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA-NEPAD).